Vouloir le beurre, l’argent du beurre (et l’cul d’la crémière)

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Définition :

Tout vouloir, sans contrepartie. Vouloir gagner sur tous les plans.

Origine :

L’usage de cette expression de la fin du XIXe siècle.
Le bon sens paysan veut qu’on ne puisse pas, honnêtement, vendre le beurre qu’on vient de fabriquer, en garder l’argent, mais garder aussi le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore.

Vouloir toujours tout garder à soi, vouloir tout gagner sans rien laisser aux autres, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Source

‘Le cul de la crémière’, c’est le bonus et ça relève du langage familier, bien sûr.

Traduction en anglais :

Littérale : « To want the butter and the butter’s money too. » (and the milk lady’s ass)

Equivalent : « To have one’s bread and eat it » ou « Have your cake and eat it, too » ou « To want to have your cake and eat it »

Prendre son pied

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Définition :

Avoir du plaisir.

Origine :

Cette expression date du XIXe siècle. Le pied désignait une ration à l’époque des corsaires : il s’agissait de l’unité de mesure pour partager les biens d’un butin de façon équitable. Plus généralement, on l’emploie lorsque quelqu’un est satisfait, qu’il a eu son compte !.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To take one’s foot »

Equivalent : « To get off on » ou « To get a thrill from » ou « To get one’s  kicks »

Tailler une pipe

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Définition :

Pratiquer une fellation.

Origine :

Cette expression est une déformation récente de « faire une pipe », par combinaison avec « tailler une plume » qui a la même signification.

Les premiers usages vérifiés de « faire une pipe » ne datent que de la première moitié du XXe siècle, chez les prostituées, l’expression « faire un pompier » étant usuelle auparavant.

Alors pourquoi cette nouvelle expression ?
Au début du XXe siècle, les fumeurs du peuple se roulaient leur cigarette, les cigarettes manufacturées apparues à la fin du siècle précédent étant réservées aux personnes de la haute société et aux femmes. Ils disaient alors qu’ils « s’en roulaient une » ou « se faisaient une pipe » (si la cigarette s’appelait aussi la ‘pipe’ en argot, ce serait parce que la quantité de tabac nécessaire pour fabriquer la cigarette était à peu près équivalente à celle utilisée pour une pipe).
De là, il est facile d’imaginer que les dames de petite vertu qui faisaient des pompiers à leurs clients, comparaient leurs gestes à ceux que font les fumeurs d’abord méticuleusement avec leurs doigts et puis le long de la cigarette avec leur langue avant d’aboutir à une ‘pipe’ prête à être fumée.

Vu qu’il est question de pipe et de fumée, on ne peut s’empêcher de lier cette expression avec « avaler la fumée » qui lui est antérieure (milieu du XIXe siècle) et qui désignait une fellation complète, avec avalement du sperme.

Les esprits très curieux se demanderont pourquoi on disait aussi « tailler une plume », expression maintenant oubliée ?
D’après Cellard et Rey dans leur Dictionnaire du français non conventionnel, cela viendrait du fait qu’autrefois, et c’était une tâche plutôt réservée aux femmes, avant de tailler au canif les plumes d’oie qui servaient à écrire, il fallait en humecter l’extrémité avec la langue.

Et le ‘pompier’, alors ? me direz-vous, titillé par votre curiosité insatiable.
La même source rappelle qu’autrefois, les pompiers alimentaient leurs lances à incendie en activant à la main les pompes de leurs citernes. Ces mouvements de va-et-vient du piston dans le corps de la pompe, rappellent le fait qu’au cours d’une fellation, l’homme se fait ‘pomper’ par un autre type de va-et-vient, et le tout mélangé à la similitude entre ‘pomper’ et ‘pompier’ aurait fait le reste.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To cut a pipe »

Equivalent : « To give a hummer » ou « To give a blow job » ou « To give head »