Se regarder en chiens de faïence

se regarder en chiens de faience les dedexpressions

Définition :

Se regarder avec hostilité, se dévisager avec méfiance.

Origine :

La faïence est une des plus ancienne techniques pour recouvrir les poteries. C’est une céramique faite à base d’argile et d’étain.
Ce mot, qui date du XVIe siècle, vient de Faenza, ville d’Italie à partir de laquelle la faïence s’est répandue en France.

À une époque où les gens se chauffaient encore au bois, il était d’usage d’orner la cheminée de babioles décoratives diverses.
Parmi ces décorations, on trouvait régulièrement des paires de chiens en faïence qui, posés l’un en face de l’autre, semblaient se regarder fixement (et pour cause !) avec animosité.

On comprend donc aisément la naissance d’une telle expression qui date de la fin du XVIIe siècle.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To look at each other as earthenware dogs »

Equivalent : « To look daggers at each other », « To stare at one another » (UK), « To glare at each other »

 

 

Appeler un chat un chat

appeler_un_chat_un_chat_les_dedexpressions
Appeler un chat un chat – Les Dédexpressions

Définition de l’expression « Appeler un chat un chat »

Appeler les choses par leur nom.
Être franc et direct.

Origine de l’expression

Au 18ème siècle, on nommait « chat » le sexe féminin en argot, plus précisément la toison pubienne, en jouant sur l’ambiguïté du terme qui désigne l’animal de compagnie. Ce fut le poète Nicolas Boileau qui utilisa le premier l’expression dans une satire dénonçant l’hypocrisie de la société.

Autrement dit, plutôt que de tourner autour du pot, appeler les choses par leur nom, être précis(e) est plus simple pour communiquer avec son entourage.

Globalement, être franc et direct est tout un art de communiquer, il faut le faire avec tact et diplomatie pour ne pas être trop brut de décoffrage !

Source

Traduction en anglais :

Littérale : “To call a cat a cat”

Equivalent : “To call a spade a spade”

Donc en anglais, ça donnerait…

appeler_un_chat_un_chat_to_call_a_spade_a_spade
Les Dédexpressions

Nous n’avons pas gardé les cochons ensemble !

29136948_1526805664104211_6415712345521143671_n

Définition :

Votre familiarité est inacceptable !

Origine :

Vous êtes la baronne de Latronche-Enbié et le simple boulanger chez lequel vous allez pour une fois vous fournir en pain, suite à l’absence momentanée de votre majordome, s’adresse à vous en disant « Alors ma belle dame, comment on la veut sa baguette ? Blanche ou bien cuite ? Plutôt molle ou bien dure ? ». Une telle familiarité fort déplacée de la part d’un tel gueux ne peut que vous choquer. Et, inévitablement, vous allez lui répondre : « Mais monsieur, nous n’avons pas gardé les cochons ensemble ! ».

En effet, vu de la part de personnes de la haute société qui n’acceptent pas la mixité sociale, élever des cochons ne peut qu’être le fait de personnages grossiers et de très basse classe, individus avec lesquels il est inimaginable qu’elles aient pu frayer un jour.
Une telle formule permet de remettre l’impudent personnage à sa place en lui rappelant qu’il n’est pas du même monde et en lui faisant comprendre que, si sa présence sur terre est tolérée, c’est bien uniquement parce qu’il faut des personnes comme lui pour s’occuper des viles tâches. Sans quoi…

Bon… Sans forcément pousser le bouchon aussi loin dans le mépris, l’expression est effectivement utilisée pour couper court aux familiarités considérées comme déplacées que pourrait se permettre un individu quelconque.

À la place des cochons, on peut aussi parfois trouver les oies, les dindons ou les vaches, autant d’animaux considérés comme stupides ou sales, donc susceptibles d’être dédaignés.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « We haven’t grown the pigs up together! »

Equivalent : « You have a nerve to take liberties at that »

 

Avoir les deux pieds dans le même sabot

avoir les deux pieds dans le meme sabot

Définition :

Être embarrassé, incapable d’agir.
Être passif, sans initiative.

Origine :

Faites une tentative très simple : prenez une chaussure du double de votre taille normale en largeur -cherchez bien, ça peut se trouver, surtout si vous chaussez petit-, mettez-y vos deux pieds ensemble, puis tentez d’attraper votre chat.
De trois choses l’une : soit vous n’avez pas de chat et vous ne risquez pas grand chose, soit vous avez à portée de main quelque chose où vous raccrocher avant de prendre une gamelle, soit vous vous étalez superbement par terre.

Car, au cas vous ne l’auriez pas déjà compris avant même de tenter l’expérience, vous êtes fait pour avancer en déplaçant vos pieds l’un après l’autre, pas les deux en même temps.
Vos pieds accolés ensemble vous embarrassent sérieusement, vous rendent inaptes à une action mobile, sauf, peut-être, à un de ces jeux hautement intellectuels comme la course en sac, par exemple.

Il n’en a pas fallu beaucoup plus pour qu’un type qui se croyait perspicace imagine un jour cette expression avec le premier sens indiqué.

Bizarrement, on ne trouve des traces écrites de l’utilisation de cette expression qu’au XXe siècle, alors que l’usage des sabots était déjà en large perte de vitesse. C’est pourquoi certains lexicographes supposent qu’elle est tout de même antérieure.

Le deuxième sens proposé est une simple extension du premier, celui qui est incapable d’agir pouvant aussi, quand on ne connaît pas la cause de son inaction, être pris pour quelqu’un de passif ou manquant d’initiative.

Souvent employée sous une forme négative (« ce bonhomme-là, monsieur, il est loin d’avoir les deux pieds dans le même sabot »), l’expression désigne alors une personne énergique, dynamique.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have both feet in the same clog »

Equivalent : « To be lacking in get up and go »

Passer du coq à l’âne

19429830_1286470338137746_8424351535318988967_n.png

Définition :

Passer d’un sujet à un autre.

Origine :

Cette expression serait un dérivé de celle datant du XIVe siècle : « saillir du coq à l’asne ». Au XIIIe siècle, le mot « asne » désignait une cane. « Saillir » quant à lui n’a pas changé de sens, il signifie toujours « s’accoupler ». Or, il semble que les coqs essaient parfois de se reproduire avec des canes. « Saillir du coq à l’asne » serait donc devenu « passer du coq à l’âne » par déformation du mot « ane » sans accent. Cette expression signifie que l’on parle d’un sujet puis d’un autre alors que ceux-ci n’ont pas de liens directs.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To hop from the rooster to the donkey »

Equivalent : « To hop from one subject to another »

Avoir du toupet

17458258_1193474380770676_7773278472920760069_n.png

Définition :

Avoir de l’audace.

Origine :

Au XVIe siècle, on trouvait en Italie des « bravi », sortes de tueurs à gages, auxquels les grands seigneurs faisaient parfois appel pour se débarasser de leurs concurrents. Les bravi étaient rarement condamnés puisque protégés par les commanditaires des meurtres. Pour autant, ils ne souhaitaient pas être reconnus. C’est pourquoi ils se cachaient à l’aide d’un « toupet », sorte de grosse tresse de cheveux, qu’ils rabattaient sur leur visage au moment d’agir. Ils utilisaient également parfois des bas et se laissaient pousser la moustache. Aujourd’hui, on dit d’une personne qu’elle « a du toupet » lorsqu’elle fait preuve d’une grande audace, en référence aux bravi d’Italie qui tuaient de sang froid pour de l’argent.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have forelock »

Equivalent : « To have the nerve »

Mettre (avoir) la puce à l’oreille

untitled-design-2

Définition :

Eveiller l’attention, la méfiance, les soupcons (avoir l’attention éveillée, se douter de quelque chose ou se méfier de quelqu’un).

Origine :

Cette expression a changé de sens au cours des siècles.
Elle est attestée pour la première fois au XIIIe, sous la forme mettre la puche en l’oreille, à une époque où les petits parasites pullulaient, quel que soit le niveau social de leur hôte, et où les tourments qu’ils provoquaient occupaient les esprits et les mains (pour des séances de grattage où il n’y avait rien à gagner).
Bizarrement, elle signifiait alors « provoquer ou avoir un désir amoureux », sens que Jean de la Fontaine utilisait encore dans ses ‘Contes’ :

« Fille qui pense à son amant absent
Toute la nuit, dit-on, à la puce à l’oreille »

Au XVIIe siècle, l’expression se transforme, le ‘à’ remplace le ‘en’ et, surtout, le sens devient « être inquiet, agité », comme pour quelqu’un qui aurait senti une puce venir se loger dans son conduit auditif et qui en craindrait les conséquences ‘démangeatoires’.

Parallèlement, dès le XIVe siècle, on évoquait déjà les oreilles qui sifflaient ou démangeaient lorsque quelqu’un était supposé parler de vous.

C’est probablement l’association de ces bizarres démangeaisons (‘méfiez-vous, quelqu’un dit du mal de vous !’) et de l’inquiétude de quelqu’un ayant la puce à l’oreille qui a donné le sens moderne de cette expression.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To put (or have) a flea to one’s ear »

Equivalent : « To put a bug (or a flea) in someone’s ear »

Prendre le taureau par les cornes

prendre-taureau-par-les-cornes

Définition :

Faire face à une situation.

Origine :

Si l’on en croit les peintures rupestres laissées par nos ancêtres, le taureau a depuis la nuit des temps été le symbole de la force, mais également du danger. « Prendre le taureau par les cornes » (apparue au XVIIe siècle) signifie que l’on fait face aux difficultés plutôt que de les fuir, tout comme les anciens auraient choisi d’affronter les cornes du taureau au lieu de chercher à les éviter.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To take the bull by the horns »

Equivalent : « To take the bull by the horns » ou « To bite on the bullet »

 

Tirer les vers du nez

tirer-les-vers-du-nez-modifie

Définition :

Réussir adroitement à faire parler quelqu’un (sur un sujet ou des informations qu’il ne voulait pas aborder ou divulguer).

Origine :

Les hypothèses sur l’origine de cette expression qui est attestée depuis le XVe siècle sont multiples mais aucune n’est réellement satisfaisante.

Une qui semble séduisante viendrait d’une déformation du latin ‘verum’, ‘le vrai’. On tirerait donc la vérité du nez.
Mais pourquoi du nez ? Et pourquoi ‘les vers’ au pluriel ?

Certains évoquent les charlatans de l’époque qui prétendaient guérir les gens en leur retirant par le nez les vers qui étaient forcément la cause de leur(s) maladie(s). Il y a même eu Littré qui faisait un rapprochement hasardeux avec les comédons (ou points noirs) qu’on extirpe du dessus du nez et qui, s’ils ont bien la pointe noire, ont plutôt l’apparence de plus ou moins mini asticots blancs.

Enfin, même si cela a été suggéré, il est peu probable que l’expression ait un lien quelconque avec un poète auquel on chercherait à faire écrire quelque vers pour un sonnet (son nez ?).

Voilà donc encore une autre expression qui garde son mystère.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To pull the worms from the nose »

Equivalent : « To worm information out of someone » ou « To worm a secret out of somebody » ou « Like pulling teeth to get the information »