Aller se faire cuire un oeuf

se faire cuire un oeuf

Définition :

Inciter quelqu’un à laisser tranquille.

Origine :

La cuisine était auparavant le domaine réservé de l’épouse. Le mari avait tendance à critiquer ; en pareil cas, l’épouse l’incitait à se faire cuire un oeuf, lui rappelant ainsi qu’il ne savait pas cuisiner. L’épouse obtenait donc la paix.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To go and cook oneself an egg. »

Equivalent : « Go to hell. »

Il y a du monde au balcon

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Définition : 

Langage familier servant à rendre hommage aux appas généreux d’une femme.

Origine : 

Il est à remarquer que le corps humain est fréquemment converti dans la langue des expressions françaises en une maison ou un immeuble : une personne de petite taille est basse de plafond, un fou est symbolisée par l’expression française « il n’y a plus personne au logis » et celui qui n’est pas trop futé qu’il « n’a pas la lumière dans toutes les pièces ». De ce fait, notre expression française dont l’origine remonte au XIXème siècle cherche à montrer que visibles , découverts et saillants en façade comme un balcon, ce sont des seins de femme mis en valeur par un décolleté indiscret qui sont décrits dans cette expression française. L’opulence qu’ils semblent avancer se transcrit par la métaphore d’un nombre important de personnes qui se presseraient au balcon comme au théâtre pour voir la scène.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « The balcony is crowded »

Equivalent : « She’s well endowed! »

Pisser dans un violon

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Définition :

Ne servir à rien.
Faire quelque chose de complètement inutile, inefficace.

Origine :

Cette expression s’emploie très souvent dans des formes comme c’est comme si on pissait dans un violon ou bien autant pisser dans un violon ! pour indiquer l’inutilité totale de l’action ainsi qualifiée.

Pisser, mot qui vient du bas latin pissiare (pour « uriner »), n’est considéré comme vulgaire que depuis le XIXe siècle.
Auparavant, son usage était aussi naturel que la fonction elle-même, le mot uriner étant réservé au milieu médical.
De nos jours, dans le langage courant, on ne dit ni uriner, vu comme trop pédant (« Marie-Chantal, j’arrive dans deux minutes, je m’en vais d’abord uriner quelque peu »), ni pisser, trop vulgaire, mais plutôt faire pipi considéré comme acceptable et venu du monde des enfants.

Il est certain que, si on veut produire une agréable mélodie, pisser dans un violon ne servira vraiment pas à grand chose, même en visant les cordes et en y baladant le jet.
Mais pourquoi une telle association ? Pourquoi un violon au lieu d’un banjo, d’une pelle à tarte ou d’une passoire ?
Telle quelle, l’expression date de la fin du XIXe siècle, et rien ne l’explique vraiment.

Mais Alain Rey suppose que le verbe pisser n’est apparu, par plaisanterie, qu’en remplacement d’un verbe comme souffler ou siffler.
La locution d’origine aurait alors été souffler dans un violon (dont on trouve effectivement une utilisation dans un numéro de l’Apiculteurde 1901), action dont l’inutilité est flagrante lorsqu’on sait que souffler dans une flûte ou une trompette permet effectivement de produire de la musique, mais qu’avec un violon, le résultat devient tout de suite nettement moins probant.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To pee in a violon »

Equivalent : « To piss in the wind »

Chier des bulles

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Définition :

Autrement dit : « Ca va chier des bulles ! », (familier, vulgaire) pour signifier : ça va barder, il va y avoir du grabuge, ça va être difficile.

Source

Origine :

Considérant l’expression « Ca va barder », en voici les origines :

‘Barder’ est un verbe argotique qui nous vient du milieu militaire depuis la fin du XIXe siècle où il signifiait « être astreint à un travail pénible ».
Il ne semble pas y avoir d’explication claire sur l’évolution de ce sens vers celui d’aujourd’hui. Pas plus qu’il n’y a de certitude sur l’origine de ce verbe dans son acception initiale.

Il est régulièrement rattaché au mot ‘bard’ qui désignait soit une sorte de civière, soit un chariot bas, les deux destinés à transporter des charges. ‘Barder’ voulait alors dire ‘charger’ avec une connotation de pénibilité (qu’on retrouve dans le verbe argotique militaire).

Mais certains évoquent aussi la ‘barde’ qui était autrefois une armure faite de lames de fer, qui existait aussi bien pour le cavalier que pour le cheval. Or, porter cette lourde armure était quelque chose de pénible.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To poop bubbles »

Equivalent : « Sparks are going to fly » ou « That’ll make the fur fly » ou « The shit’s gonna hit the fan! »

Avoir le feu au cul

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Définition :

Cette expression a deux significations complètement différentes :
– Être très pressé, filer très vite
– Avoir des besoins sexuels intenses

Origine :

La première signification est attestée dès la fin du XVIIe siècle.
L’image est claire car on comprend bien que quelqu’un dont le derrière est en flammes se mette à courir très vite, par réflexe, dans l’espoir idiot de mettre de la distance entre le feu et lui, même si ce n’est forcément la meilleure réaction possible.

La seconde signification est apparue dès le milieu du XVIe siècle.
Elle est basée sur l’idée d’être (très) en chaleur, mais avec une localisation de cette ‘chaleur’ un peu imprécise.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have one’s ass in fire »

Equivalent : « To have ants in one’s pants » ou « To be in a hell of a rush » ou « To be randy as hell »

Être dans la merde

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Définition :

Être dans une situation difficile.

Origine :

Expression vulgaire qui s’emploie pour exprimer le fait que l’on se trouve dans une situation délicate, difficile sans pouvoir en sortir, sans entrevoir de solution. L’expression être dans le pétrin exprime la même chose mais dans un registre plus formel, plus soutenu.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To be in the shit »

Equivalent : « To be up shit creek »

Vouloir le beurre, l’argent du beurre (et l’cul d’la crémière)

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Définition :

Tout vouloir, sans contrepartie. Vouloir gagner sur tous les plans.

Origine :

L’usage de cette expression de la fin du XIXe siècle.
Le bon sens paysan veut qu’on ne puisse pas, honnêtement, vendre le beurre qu’on vient de fabriquer, en garder l’argent, mais garder aussi le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore.

Vouloir toujours tout garder à soi, vouloir tout gagner sans rien laisser aux autres, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Source

‘Le cul de la crémière’, c’est le bonus et ça relève du langage familier, bien sûr.

Traduction en anglais :

Littérale : « To want the butter and the butter’s money too. » (and the milk lady’s ass)

Equivalent : « To have one’s bread and eat it » ou « Have your cake and eat it, too » ou « To want to have your cake and eat it »

Avoir le cul entre deux chaises

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Définition :

Être tiraillé entre deux situations, ne pas savoir quoi choisir.

Origine :

Expression familière et imagée qui fait référence à la sensation d’inconfort que l’on peut ressentir lorsqu’on s’assoit entre deux chaises. Elle s’utilise dans un contexte amical ou décontracté et exclusivement à l’oral.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have one’s ass between two chairs »

Equivalent : « To be piggy in the middle » ou « To fall between two stools »

Prendre son pied

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Définition :

Avoir du plaisir.

Origine :

Cette expression date du XIXe siècle. Le pied désignait une ration à l’époque des corsaires : il s’agissait de l’unité de mesure pour partager les biens d’un butin de façon équitable. Plus généralement, on l’emploie lorsque quelqu’un est satisfait, qu’il a eu son compte !.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To take one’s foot »

Equivalent : « To get off on » ou « To get a thrill from » ou « To get one’s  kicks »

Tailler une pipe

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Définition :

Pratiquer une fellation.

Origine :

Cette expression est une déformation récente de « faire une pipe », par combinaison avec « tailler une plume » qui a la même signification.

Les premiers usages vérifiés de « faire une pipe » ne datent que de la première moitié du XXe siècle, chez les prostituées, l’expression « faire un pompier » étant usuelle auparavant.

Alors pourquoi cette nouvelle expression ?
Au début du XXe siècle, les fumeurs du peuple se roulaient leur cigarette, les cigarettes manufacturées apparues à la fin du siècle précédent étant réservées aux personnes de la haute société et aux femmes. Ils disaient alors qu’ils « s’en roulaient une » ou « se faisaient une pipe » (si la cigarette s’appelait aussi la ‘pipe’ en argot, ce serait parce que la quantité de tabac nécessaire pour fabriquer la cigarette était à peu près équivalente à celle utilisée pour une pipe).
De là, il est facile d’imaginer que les dames de petite vertu qui faisaient des pompiers à leurs clients, comparaient leurs gestes à ceux que font les fumeurs d’abord méticuleusement avec leurs doigts et puis le long de la cigarette avec leur langue avant d’aboutir à une ‘pipe’ prête à être fumée.

Vu qu’il est question de pipe et de fumée, on ne peut s’empêcher de lier cette expression avec « avaler la fumée » qui lui est antérieure (milieu du XIXe siècle) et qui désignait une fellation complète, avec avalement du sperme.

Les esprits très curieux se demanderont pourquoi on disait aussi « tailler une plume », expression maintenant oubliée ?
D’après Cellard et Rey dans leur Dictionnaire du français non conventionnel, cela viendrait du fait qu’autrefois, et c’était une tâche plutôt réservée aux femmes, avant de tailler au canif les plumes d’oie qui servaient à écrire, il fallait en humecter l’extrémité avec la langue.

Et le ‘pompier’, alors ? me direz-vous, titillé par votre curiosité insatiable.
La même source rappelle qu’autrefois, les pompiers alimentaient leurs lances à incendie en activant à la main les pompes de leurs citernes. Ces mouvements de va-et-vient du piston dans le corps de la pompe, rappellent le fait qu’au cours d’une fellation, l’homme se fait ‘pomper’ par un autre type de va-et-vient, et le tout mélangé à la similitude entre ‘pomper’ et ‘pompier’ aurait fait le reste.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To cut a pipe »

Equivalent : « To give a hummer » ou « To give a blow job » ou « To give head »