En voir de toutes les couleurs

En voir de toutes les couleurs | Les Dédexpressions

Définition de l’expression « En voir de toutes les couleurs »

Subir, endurer diverses épreuves, une situation pénible, traverser une période difficile. Ou bien plus généralement lorsqu’on dit « en faire voir de toutes les couleurs », on veut dire qu’on fait endurer quelque chose de difficile à quelqu’un, voire qu’on est insupportable aux yeux d’une personne.

Origine de l’expression

Cette expression est apparue au 19ème siècle et s’appuie sur l’image du cercle chromatique qui contient toutes les couleurs. Dans l’idée, une couleur pourrait être comparée à une émotion, un sentiment, et le fait de passer par toutes les couleurs revient à dire qu’on passe par différentes émotions, qu’on le subisse soi-même ou qu’on le fasse subir à quelqu’un d’autre.

En résumé, cette expression signifie tout simplement qu’on souffre ou qu’on fait souffrir quelqu’un, qu’on subit ou qu’on fait subir des choses négatives à quelqu’un, qu’on a des problèmes ou qu’on crée des problèmes à quelqu’un.

Quelques extraits d’ouvrages du 19ème siècle, début 20ème pour vous éclairer :

« Une opinion se forma, derrière son dos, qu’il avait dû en voir de toutes les couleurs dans ces sacrés pays de là-bas, ou personne ne peut trop aller vérifier, et qui sont pleins d’aventuriers. » – Gustave Toudouze, Péri en mer !, 1905

« C’est ce que j’entends bien : vous avez dû en voir de toutes les couleurs, pendant la guerre ? » – René Bazin, Baltus le Lorrain, 1926

« Il paraît qu’autrefois, pour employer la formule qui précède toutes les fables, un de leurs dieux ayant excité la colère du maître de tous les dieux, ce dernier le condamna à aller garder les troupeaux sur la terre, chez un affreux tyran qui lui en faisait voir de toutes les couleurs. » – Louis Jacolliot, Voyage au pays du hatschisch, 1883

« Oui certes, le lustre miroitant de la scène française m’en a fait voir de toutes les couleurs et je n’en laisse personne, en qualité ni en quantité, pour les souffrances d’amour-propre, et d’autres, que l’artiste de lettres endure, a toujours endurées et endurera sans fin dans « le métier affreux ». » – Émile Bergerat, Souvenirs d’un enfant de Paris, 1913

Sources : Wikipédia – 1, 2

Traduction en anglais

Littérale : « To be put through all colours » or « Get put through all colours »

Équivalent : « To have a hard time » or « To give a hard time to somebody », « To be put through the wringer » or « Get put through the wringer », « Go through the mill », « Really go through it »

Parler français comme une vache espagnole

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Définition de l’expression « Parler français comme une vache espagnole »

Cette expression signifie que quelqu’un parle très mal le français.

Origine de l’expression

Ici, vous l’aurez compris, Pamela est une vache espagnole qui tente de s’exprimer en français dans un vocabulaire approximatif. Mais elle est bilingue français-espagnol, alors un peu d’indulgence ! 😉

Revenons sur l’expression…

Ce n’est pas vache de dire qu’il existe plusieurs hypothèses sur l’origine de cette expression et qui daterait 1640. La plus classique, sans certitude, viendrait d’une altération de ‘Basque’ (« parler français comme un Basque espagnol »), car ‘vasces’ ou ‘vasque’, au 17ème siècle, désignait un Gascon ou un Basque. Et il va de soi qu’un Basque du côté espagnol de la frontière ne parle pas tout le temps bien le français.

Une autre hypothèse viendrait d’une altération du mot ‘basse’ qui désignait une servante, une bonne. On pourrait alors croire qu’à l’époque, ces dames étaient plutôt espagnoles que portugaises et que leur maîtrise de notre langue n’était pas parfaite. Mais ce ‘basse’-là était tellement peu employé qu’il n’a pas laissé de traces sauf dans des formes régionales comme ‘bassoteuse’ pour désigner une « femme de ménage » (il faut se replacer dans le contexte peu favorable aux femmes de l’époque, malheureusement).
Pourtant, la plus probable des origines viendrait d’une combinaison de choses péjoratives propres à ces temps-là.

« Comme une vache » était en général, et est toujours, un terme familier et vulgaire à connotation fortement négative. Et, à la date d’apparition de l’expression, ‘espagnol’ était également un qualificatif désagréable ; on disait en effet « payer à l’espagnole » pour quelqu’un qui ‘payait’ en donnant des coups ou on désignait une « fanfaronnade » d' »espagnolade ». Alors, en combinant ces deux termes, on trouve dans l’expression « il est sorcier comme une vache espagnole » (signifiant « c’est un incapable »), aurait été un moyen de qualifier très négativement la manière de parler un mauvais français.

Source

Traduction en anglais

Littérale : « To speak French like a Spanish cow »

Equivalent : « To murder French language » (Angleterre) – « To butcher French », « To murder French » (Etats-Unis)

Se faire appeler Arthur

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Se faire appeler Arthur – Les Dédexpressions

Définition de l’expression « Se faire appeler Arthur »

Cette expression signifie se voir faire des remontrances, se faire rouspéter. Il existe d’autres façons de l’expliquer telles que se faire rappeler à l’ordre, se faire gronder, réprimander. Lorsqu’on dit « Tu vas te faire appeler Arthur…! », on veut dire « Tu vas te faire engueuler ! », et « La moutarde lui monte au nez » ou « Tu vas te faire passer un savon » pourraient exprimer la même chose ou être du même registre.

Origine de l’expression

Selon des sources, cette expression trouve son origine lors de la Seconde Guerre mondiale et fait référence à l’occupation de la France pendant laquelle le couvre-feu était fixé à 20 heures. Le nom « Arthur » serait une déformation de l’allemand « acht Uhr' » (« vingt heures ! ») que les patrouilles ennemies criaient aux retardataires éventuels. « Se faire appeler Arthur », c’est se voir faire des remontrances, se faire disputer. On peut imaginer le pauvre gamin rentrant bredouille chez lui après s’être fait sermonné par le chef de patrouille, se plaindre de s’être fait gronder, mais aussi de s’être fait appelé Arthur alors qu’il s’appelle Lucas. Vous saisissez l’image ?

Autre explication plus ou moins plausible remonte aux années 20. Selon le Dictionnaire du français non conventionnel de Cellard et Rey, cette expression serait liée à l’argot où un Arthur faisait référence à un gigolo mondain ou un proxénète, sans qu’on sache pourquoi de nos jours. Mais en général les expressions françaises ont leur lot de mystère en termes d’origines !

Source

Traduction en anglais

Littérale : « To be called Arthur »

Equivalent : « To be given the rough side of someone’s tongue », « To pull up one’s socks », « To pull up your socks »

Un de ces quatre

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Définition :

Un de ces jours, bientôt.

Origine :

‘Quatre’ est un nombre souvent utilisé dans les expressions, sans qu’on en connaisse vraiment la raison.
Certains évoquent le fait que l’homme normalement constitué à quatre membres, ou bien qu’il y a quatre saisons ou quatre points cardinaux.
Mais, en usage dans de nombreuses locutions, ce chiffre est en fait très imprécis. Il peut s’agir qu’une quantité faible (« ça vaut quatre sous », « c’est à quatre pas ») ou plus importante (« lui dire ses quatre vérités », « se mettre en quatre », « couper les cheveux en quatre »). Elle peut aussi évoquer des choses autres (« entre quatre planches », alors qu’il en faut au minimum six pour faire un cercueil, « tiré à quatre épingles », « aux quatre coins du monde »…). Ici, l’expression est un raccourci (une ellipse, diront certains) de « un de ces quatre matins », au sens de « un des quelques matins qui vont venir ». Elle désigne bien une quantité faible et une durée courte, mais qui reste indéterminée, ce qui explique son imprécision et son équivalence avec « bientôt ».

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To one of these four »

Equivalent : « See ya’ round! » (US) ou « See you! » (UK)

 

Au pied de la lettre

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Définition :

Dans le sens strict des mots.
En n’en faisant aucune interprétation.
Scrupuleusement (prendre quelque chose, exécuter un ordre…).

Origine :

Cette expression existe depuis le XVIe siècle.
Pied y a le sens de ‘mesure’ (à la mesure de la lettre).

Elle viendrait d’une allusion à la Bible dans un passage de laquelle (la deuxième lettre aux Corinthiens – 3,6) la lettre, l’interprétation littérale des mots, est clairement opposée à l’esprit, le véritable message ou l’intention dissimulé sous les mots.

Certains ont lié l’origine au pied (au bas) d’une lettre ou d’un courrier.
Mais apparemment, rien ne permet de valider cette hypothèse.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « At the foot of the letter »

Equivalent : « To the letter »