Ramener sa fraise

Définition :

Se manifester hors de propos.
Agir de manière importune.
Avoir une attitude prétentieuse.
Arriver (en parlant d’une personne).

Origine :

Je ne peux pas croire que quelqu’un, après avoir cueilli une magnifique fraise bien rouge et pulpeuse, la ramène (au propriétaire du fraisier) au lieu de la manger ! Ça me semble tellement incongru que c’est tout de suite sur une piste complètement différente de celle de cet excellent fruit que je vais vous emmener.
Qui m’aime me suive, et sans ramener sa fraise !

Cette expression argotique date du début du XXe siècle.
À l’origine, elle voulait dire ‘rouspéter’ ou bien ‘ronchonner’, sans que l’origine en soit bien claire. Puis son sens a évolué.

Dans tous les cas, la fraise qui nous intéresse ici n’est qu’une des très nombreuses dénominations de la tête avec cafetière, tronche, caboche, caisson, trombine… ou bien, pour rester dans les fruits, poire, pomme, cerise, citron…
C’est pourquoi, on comprend aisément le dernier sens proposé indiquant que lorsqu’une personne amène ou ramène sa fraise, c’est qu’elle arrive ou revient.

Par extension, celui qui intervient de manière inopportune dans une discussion, par exemple, y arrive et y ramène donc aussi sa fraise.
Si on y rajoute une connotation ironique (il ramène sa fraise, mais il n’y connaît rien et il ferait mieux de se taire), on rejoint l’attitude prétentieuse.

Une ellipse de cette expression est tout simplement « la ramener » : lorsque, dans un dialogue à la Michel Audiard, un truand dit à un autre de ne surtout pas « la ramener », c’est qu’il a intérêt à garder son clapet bien fermé et ne pas venir troubler la situation.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To bring one’s strawberry »

Equivalent : « To put one’s two cents in »

 

Pleurer comme une madeleine

Définition :

Pleurer abondamment.

Origine :

On se doute bien qu’une jolie petite madeleine à la peau bien bronzée et à la chair moelleuse doit être extrêmement triste à l’idée de finir sa vie en étant broyée par les dents d’un gourmand ; mais de là à servir de modèle de pleureuse, c’est quand même douteux.

Je ne vous étonnerai donc pas en vous informant que l’origine de cette expression est ailleurs.
Il suffit déjà de remplacer le ‘m’ de ‘madeleine’ par une majuscule, pour comprendre que la Madeleine qui nous intéresse ici est une femme. Reste à savoir laquelle.

Eh bien il nous faut remonter à la première moitié du premier siècle de notre ère.
Comme vous connaissez par coeur la Bible, et même s’il existe de nombreuses variantes de l’histoire de Marie la Magdaléenne (alias Marie-Madeleine ou Madeleine, du grec Magdalênê), vous savez qu’une ancienne prostituée (anonyme selon certains, Marie-Madeleine selon d’autres) envahie par le remords a tellement pleuré devant le Christ en lui confessant ses péchés, qu’elle a pu lui laver les pieds de ses pleurs, avant de les sécher avec ses cheveux.
Il n’en a pas fallu beaucoup plus pour qu’elle devienne le modèle de notre expression.

Si la première apparition de cette locution semble être chez Balzac au XIXe siècle, au XIIIe, « faire la Madeleine » voulait dire « affecter le repentir ».

Source

Traduction en anglais :

Littérale : “Cry like a madeleine”

Equivalent : “Cry a river” ou “Cry buckets” ou “Cry like a baby” ou “Burst into tears”.

Ce n’est pas ma tasse de thé

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Définition :

Ça ne me plaît pas, ça ne me convient pas.
Ce n’est pas mon activité préférée.

Origine :

Cette expression assez récente en France est la traduction littérale de la même expression en anglais (« it’s not my cup of tea »).

L’origine de cette expression anglaise semble perdue ; on ne sait plus pourquoi « cup of tea » s’est mis à désigner une chose, un sujet ou une personne.
Ce qu’on sait, c’est que la forme négative est apparue vers 1920, bien après la forme positive (« he is / it’s my cup of tea ») attestée à la fin du XIXe siècle pour désigner des choses ou des personnes qui plaisaient à la personne employant l’expression.

Source

Traduction en anglais :

Littérale et équivalente : « It’s not my cup of tea »

Avoir la dalle

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Définition : 

Avoir très faim.

Origine :

Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que le mot ‘dalle’ prend le sens qu’on lui connaît aujourd’hui, à savoir une table ou une plaque de pierre.

Mais auparavant, au XIVe siècle, il avait de sens de rigole, gouttière, évier, auge ou bassin, emprunté à l’ancien normand ‘daela’. Et c’est à partir de cette acception qu’au XVe siècle, le mot, en version argotique, a désigné le gosier, cette ‘rigole’ par laquelle passent les boissons et les aliments, sens qui a donné aussi les expressions « se rincer la dalle » ou « avoir la dalle en pente » (qu’il ne faut pas confondre avec notre avoir la dalle)

Avoir la dalle date de 1960, semble-t-il (chez Auguste Le Breton). C’est une atténuation de crever la dallequi est un mélange bizarre de « crever de faim » avec cette fameuse ‘dalle’ sur laquelle glissent les aliments.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have the slab »

Equivalent : « To die of hunger », « To starve to death » (UK) – « To be hungry enough to eat a horse » (US)

Vivre d’amour et d’eau fraîche

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Définition : 

Vivre de peu ou de rien.

Origine :

Expression un peu ironique qui fait allusion au fait que si l’on s’alimente juste d’amour et d’eau fraîche, on a alors besoin de peu pour vivre. On a tendance à utiliser cette expression pour qualifier les personnes qui perdent l’appétit au début d’une relation amoureuse.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To live of love and cold water »

Equivalent : « All you need is love. »

Avoir un cœur d’artichaut

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Définition :

Tomber facilement et souvent amoureux.

Origine :

Le coeur désigne ici le centre du végétal, le fond d’artichaut duquel se détachent de nombreuses feuilles, une pour chaque personne présente, tout comme quelqu’un qui a un coeur d’artichaut donne un peu d’amour à chaque personne qui lui semble digne d’intérêt.

Cette expression qui date de la fin du XIXe siècle vient de la forme proverbiale « coeur d’artichaut, une feuille pour tout le monde ».

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have a heart made of artichoke »

Equivalent : « To be fickle » (être inconstant, changeant)

Aller se faire cuire un oeuf

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Définition :

Inciter quelqu’un à laisser tranquille.

Origine :

La cuisine était auparavant le domaine réservé de l’épouse. Le mari avait tendance à critiquer ; en pareil cas, l’épouse l’incitait à se faire cuire un oeuf, lui rappelant ainsi qu’il ne savait pas cuisiner. L’épouse obtenait donc la paix.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To go and cook oneself an egg. »

Equivalent : « Go to hell. »

Soupe au lait

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Définition : 

Qui change rapidement de caractère, qui s’emporte brutalement.

Origine :

Expression issue au XIXe siècle de la locution « monter comme une soupe au lait ».
Il suffit d’avoir expérimenté une seule fois le comportement du lait (ou de la soupe au lait) lorsqu’il se met brutalement à bouillir pour comprendre cette association avec une personne dont l’humeur change très brutalement, aussi vite que le lait redescend dès qu’on le sort du feu.

Source

Traduction en anglais : 

  • Littérale : « Milk soup »
  • Equivalent : « To have a thin skin » (Avoir la peau mince)

La moutarde lui monte au nez

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La moutarde lui monte au nez – Les Dédexpressions

Définition de l’expression « La moutarde lui monte au nez »

L’impatience l’envahit.
La colère le gagne.

Origine de l’expression

Ceux qui ont tenté l’expérience d’avaler une cuillère à soupe de moutarde forte ont une petite idée de l’image contenue dans cette expression.
Pour les autres, même si c’est plutôt l’heure du petit déjeuner, faites d’abord l’essai avant de continuer à lire.

Bien. Si vous lisez ceci, c’est que vous arrivez à nouveau à peu près à respirer. Séchez vos larmes, reprenez lentement votre souffle, on n’est pas pressés !
Alors maintenant que vous savez tous l’effet que ça fait, vous avez pu constater que ça vous a très fortement irrité les muqueuses nasales, en plus de quelques autres effets secondaires pas piqués des hannetons.

Donc, vous avez maintenant compris pourquoi le ‘nez’ est présent dans l’expression.

Pour le verbe ‘monter’, il va de soi que ce n’est pas la moutarde qui, de ses petits bras musclés, se hisse dans votre cavité nasale. Il s’agit simplement d’un usage classique dans le langage lors de manifestations physiques involontaires lorsque des mouvements d’humeurs corporelles marquent un changement de comportement : « le sang lui monte au visage » pour manifester la honte ou la colère, ou bien « les larmes lui montent aux yeux » pour indiquer une émotion particulière.

Ne reste plus qu’à expliquer la colère ou l’impatience, parce que s’il est vrai que le gobage de moutarde est un jeu stupide, il n’a pas pour autant de raisons de provoquer de tels sentiments.
En réalité, c’est un jeu sur le mot ‘irritation’, celle physique provoquée par la moutarde et celle psychologique liée à une impatience ou de la colère, qui justifie la naissance de notre expression.

Dans sa forme actuelle, elle date du 17ème siècle, mais un siècle plus tôt, elle existait déjà sous la forme « la moutarde lui entre au nez ».

Et vous, la moutarde vous monte-t-elle souvent au nez ? Commentez au bas de cet article.

Source

Traduction en anglais : 

  • Littérale : « The mustard climbs up his nose »
  • Equivalent : « I’m beginning to see red! »

Donc, en anglais, ça donnerait…

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Les Dédexpressions

Courir sur le haricot

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Définition :

Importuner, exaspérer.

Origine :

Si on en croit l’histoire de « Jack et le haricot magique », il suffit de disposer d’un haricot géant pour pouvoir courir dessus.
Mais comme un tel légume ne court pas les bocaux de conserve, il est peu probable que l’explication vienne de là, d’autant plus que je ne vois pas bien le lien entre ce haricot-là et l’exaspération.

En fait, notre locution est un mélange bizarre de choses de diverses origines, mélange datant de la fin du XIXe siècle.

D’un côté, nous avons le verbe ‘courir’ (quelqu’un) qui, dans cet emploi populaire et transitif, signifie déjà tout seul ‘importuner’ dès le XVIe siècle.
D’un autre, nous avons le verbe ‘haricoter’ qui, au début du XIXe, signifie soit « être mesquin en affaires », soit « marchander sur des riens » (ce qui exaspère, forcément), ou bien encore « importuner ».
Enfin, on trouve le ‘haricot’ argotique qui signifie ‘orteil’. Et il est normal que quelqu’un qui se fait courir sur l’orteil se considère comme quelque peu importuné et sente l’éxaspération monter en lui, non ?

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To run on the bean »

Equivalent : « To get on someone’s nerves. »