Tirer sur la corde

tirer sur la corde dedexpressions audrey langevin

Définition :

Vis-à-vis d’autrui : exagérer, fatiguer, être à la limite de faire craquer.

Origine :

L’expression « tirer sur la corde » s’utilise pour signifier, vis-à-vis d’autrui « exagérer », « exploiter exagérément sa bienveillance », « le fatiguer à force de le solliciter » « être à la limite de le faire craquer ». Notons ici le sens métaphorique du terme « corde », en référence au « lien tendu », sous-entendu ici « prêt à craquer ».

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To pull the rope »

Equivalent : « To push one’s luck »

Le clou du spectacle

Définition :

Le moment le plus intéressant, le plus intense.
Ce qui retient l’attention.

Origine :

Il n’y a malheureusement pas de certitude sur l’origine de cette expression qui date de 1878.

L’interprétation la plus communément admise vient de cette pointe métallique que l’on plante dans un mur, qui sert donc à y fixer quelque chose (aussi bien que, au figuré, il fixe l’attention du spectateur), un objet suspendu qui, dans le lieu où il se trouve, va attirer l’attention tout comme le clou de l’exposition va provoquer un attroupement autour de lui.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : ‘The nail of the show’

Equivalent : ‘The high point of the show’ / ‘The climax’ / ‘The sensation’ / ‘The main point of the show’.

Un moulin à paroles

9b5d48ca-f551-4aea-93e1-eb42cf8c7275

Expression « Un moulin à paroles »

Définition :

Une personne très bavarde.

Origine :

Il y a le moulin qui est nommé d’après ce qu’on y moud, comme le moulin à blé, le moulin à café ou le moulin à poivre ; mais il y a aussi celui que l’on nomme d’après ce qu’il produit comme le moulin à huile, par exemple.
Et notre moulin à paroles fait incontestablement partie de la deuxième catégorie, la personne bavarde produisant, par son bavardage incessant, une quantité intarissable de paroles.
Mais qu’y moud-t-on (sachant que ce ne sont pas des moutons) ?

Eh bien rien ! Le moulin à paroles produit inlassablement son bavardage, hélas, sans qu’on l’alimente de quoi que ce soit, sans même qu’il ait besoin d’être branché sur une prise de courant, ce qui rend d’autant plus difficile la localisation de l’interrupteur qu’on aimerait parfois trouver pour lui couper le sifflet.

Cette expression, avec son sens actuel, nous vient de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Le ‘moulin’ symbolise la mécanique qui tourne sans arrêt, entraînée par le vent ou l’eau.
Mais un siècle avant, elle existait déjà. En effet, elle a d’abord désigné la langue, cet organe qui s’agite constamment dans la bouche de celui qui ne sait pas se taire.
C’est par métonymie, que celui dont le moulin à paroles fonctionne sans discontinuer est devenu lui-même un moulin à paroles.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « A chatty windmill »

Equivalent : « A chatter box » / « To have verbal diarrhea » (Angleterre) or « A motormouth » (États-Unis)

Ce n’est pas ma tasse de thé

FE9CF583-34A2-4200-98D5-22278C406210

Définition :

Ça ne me plaît pas, ça ne me convient pas.
Ce n’est pas mon activité préférée.

Origine :

Cette expression assez récente en France est la traduction littérale de la même expression en anglais (« it’s not my cup of tea »).

L’origine de cette expression anglaise semble perdue ; on ne sait plus pourquoi « cup of tea » s’est mis à désigner une chose, un sujet ou une personne.
Ce qu’on sait, c’est que la forme négative est apparue vers 1920, bien après la forme positive (« he is / it’s my cup of tea ») attestée à la fin du XIXe siècle pour désigner des choses ou des personnes qui plaisaient à la personne employant l’expression.

Source

Traduction en anglais :

Littérale et équivalente : « It’s not my cup of tea »

Découvrir le pot aux roses / le poteau rose

Découvrir le pot aux roses

Définition :

Secret, mystère, réalité bien cachée.

Origine :

Cette expression remonte au XIIIe siècle.
Employée avec le verbe ‘découvrir’, elle est utilisée avec la même signification que découvrir le pot au XIVe et découvrir le pot pourri au XVe.

Mais si son utilisation ancienne est avérée, son origine est très discutée.

Pour certains, cela viendrait du pot contenant le rose dont les femmes se fardaient. Sa découverte levait le voile sur la ‘tromperie’ que représentait leur teint si agréable.

La plus probable des explications viendrait d’un mélange entre le couvercle du pot, récipient banal, qui une fois soulevé permettait d’en découvrir le contenu, et du complément aux roses pouvant évoquer une préparation rare voire secrète.
Sans oublier l’ajout éventuel de la valeur érotique de rose pour désigner la virginité, l’hymen.

Enfin, M. Rat imagine (sans aucune preuve pouvant l’étayer) que l’expression viendrait du vase de roses que laissaient les belles au bord de leur fenêtre afin que leur galant puisse y déposer un mot doux, sa découverte révélant leur relation.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To discover the roses pot »

Equivalent : « To let the cat out of the bag »

Avoir la dalle

45066153_1831713303613444_5011520445455794176_n

Définition : 

Avoir très faim.

Origine :

Ce n’est qu’à partir du XVIe siècle que le mot ‘dalle’ prend le sens qu’on lui connaît aujourd’hui, à savoir une table ou une plaque de pierre.

Mais auparavant, au XIVe siècle, il avait de sens de rigole, gouttière, évier, auge ou bassin, emprunté à l’ancien normand ‘daela’. Et c’est à partir de cette acception qu’au XVe siècle, le mot, en version argotique, a désigné le gosier, cette ‘rigole’ par laquelle passent les boissons et les aliments, sens qui a donné aussi les expressions « se rincer la dalle » ou « avoir la dalle en pente » (qu’il ne faut pas confondre avec notre avoir la dalle)

Avoir la dalle date de 1960, semble-t-il (chez Auguste Le Breton). C’est une atténuation de crever la dallequi est un mélange bizarre de « crever de faim » avec cette fameuse ‘dalle’ sur laquelle glissent les aliments.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have the slab »

Equivalent : « To die of hunger », « To starve to death » (UK) – « To be hungry enough to eat a horse » (US)

Habiller pour l’hiver (ou « Être habillé(e) pour l’hiver »)

44223978_1810926885692086_2159272074802102272_n

Définition :

Dire du mal (de quelqu’un).

Origine :

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est intéressant de se pencher un peu sur l’étymologie du verbe ‘habiller’, car elle est assez bizarre.
En effet, vers 1200, ‘abiller’ (construit avec le mot ‘bille’ et le préfixe ‘a-‘) veut dire « préparer une bille de bois » ou « ébrancher et écorcer »
Et alors qu’une hache sert justement à tailler le bois, le ‘h’ a été ajouté au XVe siècle (scie, scie !) et c’est ensuite l’influence du mot ‘habit’, et dans une moindre mesure de ‘habile’, qui a fait complètement glisser le sens du verbe vers celui d’aujourd’hui.

Cela dit, dire du mal de quelqu’un, c’est aussi lui « tailler un costard » mais également « lui mettre (diverses choses) sur le dos ».
Ici, c’est la médisance ou la calomnie qui, au figuré, recouvre, enveloppe ou ‘habille’ la pauvre cible (généralement absente).

Sachant que l’expression « habiller (quelqu’un) » existe avec le même sens depuis le milieu du XVIIIe siècle, on peut se demander pourquoi « pour l’hiver ».
La réponse est très simple : pendant cette saison, il faut des vêtements plus épais pour ne pas avoir froid ; c’est pourquoi on imagine que les médisants se font un plaisir de rajouter des couches de calomnie, assurant que l’heureux ‘bénéficiaire’ n’aura absolument aucun problème de refroidissement.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To dress someone up for Winter » or « To be dressed-up for Winter »

Equivalent : « To roast someone » or « To talk about someone behind their back »

Toucher du bois

43698399_1802053229912785_5958701269848686592_n

Définition :

Conjurer le mauvais sort.

Origine :

La signification de cette expression est explicite : il ne s’agit là que d’un geste superstitieux, souvent accompagné de la parole « je touche du bois ! », tout aussi efficace que de « croiser les doigts » ou de se signer, selon les convictions ou les habitudes de chacun.
Ce geste est supposé empêcher que des bâtons viennent se mettre dans les roues des projets de celui qui y participe ou lui permettre d’exaucer ses voeux de santé, de gain au Loto…

Apparemment, cette superstition remonte à très loin, puisque les les Perses et les Egyptiens la pratiquaient déjà.
Pour les premiers, ce serait parce qu’ils pratiquaient le ‘mazdéisme’, religion dans laquelle le fait de toucher du bois permettait de se mettre sous la puissance protectrice d’Atar, le génie du feu.
Pour les seconds, ce serait parce qu’il pensaient que le bois diffusait une forme de magnétisme bénéfique.

Au Moyen Âge, les chrétiens disaient que l’habitude de toucher du bois venait de ce que le Christ avait été sacrifié sur une croix en bois : toucher du bois était donc une forme de supplication ou de prière qui permettait de se protéger de l’adversité.

Traduction en anglais :
Littérale : « To touch wood »
Equivalent : « To touch wood » (Angleterre), « To knock on wood » (Etats-Unis)

Chapeau bas !

FE2EC15F-F83A-4415-B94C-F6A8588BAD28

Définition :

Quelle remarquable performance !

Origine :

Cette expression tire son origine dans nos coutumes de politesses, qui invitent les hommes à se découvrir le chef en certaines occasions. Face à une performance notable, en guise de respect, on était ainsi prié de faire chapeau bas.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : “Hats low”

Equivalent : “Hats off”