Au ras des pâquerettes

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Définition :

Sans intérêt, sans envergure.
Désolant.

Origine :

On sait que la hauteur ne qualifie pas seulement une altitude élevée comme celle de l’Everest, de l’avion qui vous transporte aux Bahamas ou de l’ornithorynque pendant sa migration annuelle depuis la Sibérie vers l’ile de Pâques.
En effet, au figuré, elle qualifie aussi des choses importantes, considérées comme de qualité. On parlera ainsi de hauteur morale, de hauteur de vues ou d’un humour de haute tenue, comme celui qu’on peut parfois trouver dans ces pages, par exemple.

C’est pourquoi, par opposition, lorsqu’on cherche à qualifier quelque chose sans intérêt, de peu d’envergure, ou de désolant, comme l’humour qu’on peut aussi trouver dans ces pages (il en faut pour tous les goûts), on va utiliser des images liées à des choses petites ou modestes.
Et justement, la pâquerette en est un excellent exemple. Outre qu’il s’agit d’une fleur simple et peu prisée pour la décoration d’un intérieur, elle est petite : même aux environs de Tchernobyl, personne n’a jamais vu de pâquerette de trois mètres de haut ! La nature (ou Dieu, pour certains), a créé cette plante dicotylédone, dont certaines variétés sont appelées des marguerites, de petite taille. Ce qui fait que quelque chose ou quelqu’un qui se situerait ou passerait au-dessus d’un champ à l’altitude des pâquerettes évoluerait très près du sol, faisant ainsi naître une métaphore pouvant s’appliquer, loin des hauteurs enthousiasmantes pour l’esprit, à des actes mesquins, des idées ou ambitions étriquées, entre autres.

Mais, me direz-vous à juste titre, il y a plein de choses petites qui auraient aussi mérité de figurer dans une telle métaphore.
Certes, mais il faut savoir qu’à l’origine, on trouvait « ras terre » au XVIe siècle, remplacé par « à ras de terre » au XVIIIe. Il n’est donc pas étonnant, même si le coquelicot ou la colchique auraient aussi pu faire l’affaire, qu’on se soit tourné vers une fleur omniprésente dans les champs, à ras de terre.
Notre expression est en concurrence avec d’autres formes comme « ça vole bas », par exemple, mais comme elles, on peut s’en servir pour désigner une argumentation de piètre qualité ou un comportement méprisable, entre autres.

D’une manière moins figurée, « à ras les pâquerettes », tout comme « en radada », se dit aussi pour les aviateurs ou pilotes d’aéronefs divers qui volent à très basse altitude.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « As close as daisies »

Equivalent : « Poppycock » (balivernes)

 

Parler de la pluie et du beau temps

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Définition :

Parler de banalités.

Origine :

Expression familière qui s’emploie pour exprimer le fait que l’on parle de choses sans grand intérêt avec son interlocuteur. Lorsqu’on rencontre quelqu’un dans la rue ou lorsqu’on ne trouve pas de sujet de conversation intéressant, on se met alors à parler de la météo pour éviter les silences.

Source

Traduction en anglais : 

  • Littérale : « To talk about rain and nice weather »
  • Equivalent : « To make small talk »

 

Jeter la pierre

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Définition :

Etre le premier à accuser une personne.

Origine :

Cette expression remonte à la nuit des temps. Elle fait allusion à l’Evangile et à la « première pierre » jetée sur la femme adultère. En effet à cette époque, la religion punissait de lapidation ceux et celles qui commettaient certains pêchés (dont l’adultère). Les premières pierres étaient jetées par les témoins du crime et les suivants continuaient à lapider le fautif jusqu’à ce que mort s’en suive. Une variante est apparue au milieu du XVe siècle où l’on disait « jeter des pierres dans le jardin des voisins » pour les accuser de quelque chose.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To throw stones »

Equivalent : « To blame »

 

 

 

 

 

Avoir la tête dans les nuages

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Définition :

Être rêveur, être distrait.

Origine :

Expression qui s’emploie pour qualifier quelqu’un qui semble être un peu déconnecté de la réalité. Par opposition, on retrouve l’expression avoir les pieds sur terre pour parler d’une personne responsable avec le sens des réalités.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To have one’s head in the clouds »

Equivalent : « To have one’s head in the clouds » ou « To be in the clouds »

Six pieds sous terre

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Définition :

Décédé.

Origine :

Cette expression date du XVIe siècle. En effet, c’est environ à cette époque que des règles strictes commencent à voir le jour quant à l’enterrement et au cimetière. Il est alors décidé que, pour éviter que les chiens ne viennent déranger les cercueils, ceux-ci devaient être enterrés à une profondeur réglementaire de 1m80 soit six pieds.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « Six feet underground »

Equivalent : « Six feet under »

 

À l’eau de rose

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Définition :

Mièvre, fade, insipide, sentimental (en parlant généralement d’une oeuvre comme un livre ou un film).

Origine :

Qui n’a pas lu un livre de la collection Harlequin ne sait pas forcément ce qu’est un véritable roman à l’eau de rose, rempli de clichés, de situations sans réelle surprise ou de sentiments très conventionnels.

L’eau de rose, d’abord nommée « eau rose » au XVe siècle, puis « eau de rose » au XVIe, s’obtient en distillant des pétales de rose ; c’est donc un distillat de rose.

Alain Rey situe l’apparition probable de l’expression vers la fin du XIXe siècle, mais on trouve plusieurs ouvrages qui l’emploient vers le début du même siècle (en 1826 ou 1833, par exemple) ; et Claude Duneton la localise même dès la fin du XVIIIe dans une pièce d’un certain Dumoncel intitulée « L’intérieur des comités révolutionnaires ».
Cela dit, sous la forme « à l’eau rose » ou également « à l’eau rosé », elle est plus ancienne puisqu’on la trouvait déjà chez Voltaire en 1759.

En tous cas, rares sont les auteurs les plus connus du XIXe a l’avoir utilisée, peut-être parce qu’elle était considérée comme trop familière.
Quant à savoir pourquoi l’eau de rose est devenue un symbole de mièvrerie, on suppose que c’est simplement parce la couleur rose était associée à la féminité, donc indirectement aux bons sentiments, avec une connotation péjorative.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « Rose water like »

Equivalent : « Rose-colored » ou « Mushy » ou « Schmaltzy » ou « Novelettish »

Être fleur bleue

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Définition :

Être sentimental.
Par extension, être naïf.

Origine :

Cette expression contient un adjectif composé qui est extrait d’une locution parfois encore employée « cultiver, aimer… la petite fleur bleue ».

Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

Il faut remonter à 1811 et à une oeuvre du jeune écrivain allemand Novalis, qui était en réalité le baron Friedrich von Hardenberg, pour trouver l’origine de cette expression.
Dans son roman inachevé « Henri d’Ofterdingen » (Novalis est mort à 29 ans), il y évoque à sa manière la légende d’un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d’un idéal, découvre la fleur bleue symbole de la poésie.
Les Allemands parlent d’ailleurs de « die blaue Blume der Romantik » ou « la fleur bleue du romantisme ».

En traversant le Rhin, la fleur bleue a un peu changé de sens, puisque de la poésie, elle a été associée à une sentimentalité mélée de naïveté.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To be a blue flower »

Equivalent : « To be mushy » ou « To be sentimental »

Couper l’herbe sous le pied

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Définition :

Frustrer quelqu’un d’un avantage attendu en le devançant.
Empêcher quelqu’un de réussir dans une entreprise en le supplantant.

Origine :

Remontons un peu vers le XIVe siècle, deux siècles avant que l’expression apparaisse.
À cette époque, on désignait par ‘herbes’ les légumes verts et les salades, en fait toutes les plantes dont on consommait les feuilles (les ‘racines’ désignant les légumes poussant sous terre comme les carottes, et les ‘gousses’ servant à nommer les légumes à écosser comme les fèves ou les petits pois).

Par extension, ce mot a désigné les légumes en général, d’où des appellations comme le « bouillon aux herbes » pour la soupe de légumes ou le « marché aux herbes ».

Ensuite, par métaphore, « l’herbe » a aussi servi à désigner les moyens de subsistance, ce qui a donné naissance à « l’herbe lui manque sous les pieds » pour dire « il manque de moyens d’existence », expression dans laquelle l’herbe a retrouvé sa place normale, sous les pieds et non pas sur les étals.

C’est ensuite probablement par mélange avec « couper les vivres » qui comporte également une notion de privation volontaire, que notre expression est apparue.
Son sens initial qui était quelque chose comme « empêcher quelqu’un de se procurer des moyens de subsistance » s’est élargi à des empêchements plus généraux touchant tous les domaines.

Il a existé quelques variantes de cette locution puisque le verbe ‘couper’ y a parfois été remplacé par ‘faucher’ ou ‘tondre’.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « To cut the grass under the foot »

Equivalent : « To pull the rug from under someone’s feet » ou « To steal someone’s thunder »

Il y a anguille sous roche

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Définition :

Quelque chose nous est caché.

Origine :

L’expression fait bien référence au poisson, l’anguille, qui a pour particularité de ne pas aimer la lumière et de rester cachée sous les rochers. Cet animal visqueux n’étant pas facile à attraper est devenu le symbole de la sournoiserie et de la tromperie.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « There’s eel under stone »

Equivalent : « Something fishy »

À fleur de peau

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Définition :

A la surface de la peau, au sens figuré signifie réagir à la plus petite sollicitation.

Origine :

Lorsque l’on s’intéresse de plus près aux origines du mot fleur présent dans cette expression, on se rend compte qu’il vient du latin « florem ». Il a un autre sens qui désignait  » la meilleure partie d’une chose ». C’est de là que découle l’expression « à fleur de » pour dire « à la surface de ».Par ailleurs, pour comprendre le sens figuré  » réagir à la plus petite sollicitation » on peut se pencher sur le domaine des relations entre hommes et femmes. En effet, chez l’homme la main d’une femme posée sur le corps peut provoquer la chair de poule. Dans ce cas on a un contact léger qui produit une réaction immédiate. C’est par analogie à cette situation que l’on dit qu’une personne a une sensibilité « à fleur de peau ». En d’autres termes il est susceptible de réagir de manière brutale à ce qu’il peut prendre pour une agression.

Source

Traduction en anglais :

Littérale : « On skin’s flower »

Equivalent : « On edge »